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Précautions avec les anticoagulants

Les gestes de petite chirurgie muco-alvéolaire réalisés chez le dentiste peuvent nécessiter quelques précautions en cas de prise d’anticoagulants.

Il s’agit pas exemple d’extractions, mais aussi de l’endodontie chirurgicale, de lambeaux d’accès en parodontologie, d’augmentation de couronne clinique etc…

Que faire? Tout dépend du type d’anticoagulant et du risque personnel du patient.

Les anti-agrégants plaquettaires (AAP)

L’exemple type est l’aspirine, en général à 60 ou 80 mg par jour. Le clopidogrel est un autre exemple, de plus en plus prescrit, à 75 mg par jour.

Il ne s’agit pas de « vrais » anticoagulants: l’action des médicaments se fait sur la formation initiale du caillot, et non sur sa maturation.

Le dentiste peut gérer cette situation plutôt facilement, et il n’est en général pas nécessaire de modifier la médication.

Les antagonistes de la vitamine K (AVK)

Ces médicaments interagissent tous avec la vitamine K, qui est d’ailleurs leur antidote.

On peut citer le célèbre Sintrom.

Ces médicaments sont dosés spécifiquement patient par patient, le plus souvent par le cardiologue.

Dans ce cas de figure, des précautions particulières doivent être mises en œuvre, même pour un acte qui paraît anodin chez le dentiste.

Le médecin traitant, qui connaît bien son patient, modifie légèrement la dose dans les jours qui précèdent. Une prise de sang est alors organisée tôt le matin de l’intervention en demandant l’INR dans la journée. Si le taux est inférieur à 3.5, l’intervention peut avoir lieu en toute sécurité.

Les anticoagulants oraux directs (AOD)

Les médicaments de cette classe inhibent directement les facteurs de coagulation.

Eliquis et Xarelto sont les exemples courants.

L’action est rapide et standardisée, ce qui les a rendus populaires parmi les prescripteurs.

Généralement, il n’est pas nécessaire d’arrêter le médicament pour un acte de chirurgie dentaire, mais il est recommandé de différer la prise journalière après l’intervention.

Les informations qui précèdent constituent des lignes directrices, à adapter au cas par cas.

En résumé, si vous prenez des médicaments qui fluidifient le sang, ne prenez aucune initiative personnelle, et parlez-en toujours avec votre dentiste. Celui-pourra vous soigner dans les meilleures conditions, en fonction de vos spécificités propres, et en prenant contact avec votre médecin si nécessaire.

Attention aux canines incluses

Exemple radiologique d’une canine mandibulaire incluse, avec migration vers le côté opposé.

Il arrive que, par la suite de la chute d’une dent de lait, ou même plus tôt, une dent définitive ne fasse pas éruption de manière naturelle. On parle de rétention dans un premier temps, puis d’inclusion, voire d’ankylose.

Les dents les plus sujettes à cette évolution pathologique sont les canines, dont l’apparition normale en bouche se situe autour de l’âge de 10-11 ans. Il s’agit d’une anomalie de la croissance et du développement facial, dont l’incidence, selon les études, s’établit entre 1 et 2,5%.

Les causes sont variées, aléatoires et imprédictibles: obstruction anatomique des tissus durs, lésions muqueuses, anomalies anatomiques de la canine maxillaire elle-même ou dents contiguës, facteurs génétiques probables, antécédent traumatologique, ou une association de ces causes aboutissant à un milieu biologique propice.

Un diagnostic clinique précoce est donc fondamental, dès l’âge de 8 à 10 ans, ce qui permet de réduire significativement les complications, notamment la nécessité d’une prise en charge orthodontique avec chirurgie d’exposition.

Le traitement de désinclusion primaire consiste en une orthodontie conventionnelle afin de créer de l’espace sur l’arcade. Une étude portant sur 28 adolescents âgés de 11,4 à 16,1 ans, ayant une canine maxillaire incluse, a montré que l’orthodontie seule aboutit à une mise place sur l’arcade dans 75% des cas, le reste devenant des indications d’exposition chirurgicale avec traction.

En dépit de prises en charge correctes, les échecs demeurent fréquents. Une étude réalisée sur un échantillon de 37 canines maxillaires incluses ayant résisté à la désinclusion a montré que les tentatives infructueuses avaient pu s’étendre sur une durée allant de seulement 9 mois jusqu’à plus de 3 ans et demi.

En cas d’échec, ou de diagnostic trop tardif, l’alternative est souvent l’extraction de la dent incluse et une approche prothétique de la restauration de la fonction et du sourire.

Conseil: un enfant entre 6 et 12 ans devrait toujours être présenté au dentiste tous les 6 mois, afin de vérifier l’harmonie et la bonne chronologie du remplacement des dents de lait par les dents définitives, ce qui impose un examen et des radiographies régulières.